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La
Sultana
Les plus
Un cadre admirable.
Un service parfait.
La possibilité de croiser dans un même repas
mets marocains et européens.
La Sultana, 403, rue de la Kasbah, Marrakech.
Tél. : + 212 (0) 44 38 80 08
E-mail : contact@lasultanamarrakech.com
Site web : www.lasultanamarrakech.com
Restaurant ouvert le soir aux non-résidents. Menu complet
40 €, entrée + plat ou plat + dessert : 30 €.
Vins marocains de 15 à 45 €, vins français
100 €.
Bordeaux, Biarritz, Montréal, Marrakech. Difficile,
a priori, de deviner le dénominateur commun à
toutes ces grandes villes. Nous, nous l’avons trouvé…
en la personne de Thierry Laumay, le talentueux chef du restaurant
La Sultana. Dans cette superbe bâtisse jouxtant les
tombeaux saadiens, on pressent d’emblée que la
qualité n’est pas un vain mot. Et la recherche
de la qualité, justement, c’est la marotte de
Thierry Laumay.
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Une véritable idée fixe qui
l’a amené à atteindre, plus souvent que
de raison, une notation de 16 ou 17 dans le « Gault
& Millau », lorsqu’il officiait dans le sud-ouest
de la France. Surfant sur une vague de succès notoire,
il traverse l’Atlantique et s’installe aux fourneaux
d’un restaurant réputé de Montréal.
Dans la cosmopolite métropole québécoise,
l’étonnant syncrétisme culturel offre
une source d’inspiration culinaire hors normes. N’allez
pas pour autant parler à Thierry de « fusion
food », les concepts branchés l’insupportent.
Donc, après huit ans passés à Montréal,
le jeune chef s’installe à Marrakech et met en
pratique son savoir-faire à La Sultana. Naturellement,
cette nouvelle immersion culturelle lui donne des idées.
Alors il s’en va fureter dans la médina de Marrakech,
à la recherche d’une herbe, d’une épice
ou d’un aromate encore inconnus. De même, perfection
oblige, il n’hésite pas à faire son marché
lui-même, conscient que chaque produit nouveau lui permettra
de faire évoluer ses créations culinaires. La
carte qu’il a conçue est à son image,
tout en maîtrise et en sagesse. Premier bon point, elle
est courte, ce qui est toujours une garantie pour la fraîcheur
des produits et indique généralement que le
suivi des saisons est respecté. Trop de chefs
– et jamais les meilleurs – veulent étaler
leur savoir-faire en en multipliant les preuves au menu. Et
parce qu’ils se dispersent, il arrive souvent que l’assiette
ne suive pas. Second bon point, les intitulés sont
simples, clairs et explicatifs, non de ceux dont seul un interrogatoire
serré du maître d’hôtel permet d’élucider
le sens.
On l’a compris, Thierry Laumay va à l’essentiel,
sans minauderies ni bavardages inutiles. Produits loyaux,
cuissons exactes, saveurs déliées, usage bien
tempéré des épices, sa cuisine d’honnête
homme se fiche des balivernes à la mode. Nos entrées
– un carpaccio de requin et un mille-feuilles de courgettes
et d’oignons – ont eu cette vivacité primesautière
que l’on attend toujours d’une mise en train papillaire.
Le tagine de poulet Makfoul, respectant sans état d’âme
la tradition, et le bar en papillotte à la pluie de
semoule, aux saveurs parfaitement équilibrées,
ont été approuvés sans réserve.
Parmi les desserts, mention spéciale pour le feuilleté
aérien de la pastilla et la suavité de sa crème
légère…
Un seul regret pour ce dîner, par ailleurs servi avec
une exquise prévenance : la carte
des vins, réellement trop sommaire, n’affiche,
outre la production marocaine habituelle, que deux crus français,
un condrieu et un saint-joseph, certes de belle origine, mais
à des prix prohibitifs.
Par Iman Sorhaz -
Photo Mathieu Gast |
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La
Bergerie Les plus
Un site éblouissant.
Un décor rustique plein de charme.
Une cuisine sincère.
On a quitté Asni par une route sinueuse
qui, entre deux falaises, épouse le tracé vagabond
d’un oued à sec. Paysages austères figés
sous le bleu électrique du ciel, terre rougeâtre
hérissée d’une maigre végétation,
sentiers imperceptibles partant à l’assaut des
crêtes parmi les éboulis… |
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Et puis, progressivement, l’étau
des gorges s’est desserré, l’horizon s’est
élargi. Un dernier virage, et c’est le miracle
: le regard embrasse tout à coup une vallée
immense, cernée d’une frange bleutée de
hautes montagnes. Au loin, un douar blotti au pied d’une
colline, le toit plat d’une ferme solitaire, cube ocre
posé sur le damier vert cru de champs lilliputiens…
Pas une âme, sauf
au loin une silhouette immobile, celle sans doute d’un
berger veillant sur son troupeau… Il y a moins d’une
heure qu’on a quitté Marrakech, et l’on
a pourtant l’impression d’avoir atteint une planète
ignorée, un monde d’avant l’histoire, un
monde d’avant
les villes et les foules…
C’est là, près du village de Marigha,
que Françoise s’est installée en 1999.
Elle a construit sa « Bergerie », une belle maison
basse de pierre rose aux volets de bois. Elle l’a meublée
de chaises et de tables rustiques en merisier, et tout autour,
elle a aménagé un jardin des merveilles, succession
de terrasses plantées de yuccas, de mimosas, d’agaves,
de lauriers roses, de palmiers dattiers et de mille fleurs
éclatantes. Sous les cannisses de la terrasse ou sous
les poutres de la salle à manger, on se croit l’été
dans une auberge provençale, et l’hiver, quand
les bûches ronflent dans le poêle en fonte, dans
un refuge de montagne. Nappes à carreaux rouges et
blancs, vaisselle simple et belle, coin salon aux fauteuils
confortables, bar en bois brut… Françoise a tourné
le dos aux facilités du pastiche folklorisant. On est
au Maroc, certes – comment l’oublier quand on
contemple le paysage ? – mais on est avant tout chez
elle, dans un décor qui ressemble à ce qu’elle
aime, non à une idée plus ou moins convenue
de la couleur locale.
La même sincérité prévaut en cuisine.
Françoise a opté pour une carte courte –
cinq entrées, cinq plats, cinq desserts – qui
varie en fonction de son humeur, de la saison et de son approvisionnement.
Elle cultive ses herbes et quelques légumes, fait son
marché au
souk d’Asni et se fournit pour le reste à des
adresses choisies de Marrakech. Plats marocains et français
peuvent se croiser au cours d’un même repas sans
bousculer leurs saveurs ni heurter le palais. Le repas qu’elle
nous a servi ce jour-là avait cette loyale modestie
que l’on trouve parfois – mais hélas de
moins en moins – dans certaines auberges françaises
de campagne. La terrine de chevreau était goûteuse
à souhait, la salade niçoise parfaitement assaisonnée,
les filets de rougets en papillotte cuits à la seconde
et subtilement parfumés, le moëlleux au chocolat
sans reproche et les crêpes à l’orange
exemplaires de légèreté. Mieux valant
un bon guerrouane qu’un mauvais bordeaux, la carte des
vins décline pour l’essentiel des crus marocains.
Un choix que nous approuvons sans réserve…
La Bergerie, Km 59, Marigha, route de Taroudant
par Marrakech,
BP 64, 42150 Asni. Tél. : + 212 (0) 44 48 57 16/17,
E-mail : h.bergerie@menara.ma,
Site web : www.terremaroc.com
Menu complet : 170 Dh. Pour les non-résidents, formule
menu complet + accès à la piscine :
200 Dh
Par Maurice Busloup Photo
Mathieu Gast |
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