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La fleur d’oranger,
le paradits à vue de nez...
On ne voudrait pas d’un paradis où chaque flocon
de nuage, chaque plume d’ange ne serait pas imprégnée
de l’odeur ineffable de la fleur d’oranger.
Emblème de virginité, symbole éternel
de pureté et fraîcheur d’âme, cette
fleur exquise est aussi un concentré de sensualité
gourmande : un point de rencontre entre ciel et terre.
la famille botanique des « citrus » est composée
d’une multitude de membres, les uns puissants et tendres,
les autres piquants et délicats. C’est pourtant
de l’amertume d’un seul d’entre eux, l’oranger
bigaradier, que naît la douceur de l’eau dite
de « fleurs d’oranger », « el maa
zhar ». Le « citrus bigaradia » est un
bel arbre de quatre à cinq mètres de haut,
au tronc ramifié, aux branches épineuses,
aux grandes feuilles ovales, dures et brillantes. Quand
on les frotte entre deux doigts, l’odeur délicieuse
de l’orange affole déjà les narines.
Le fruit, au suc acide et amer, est rugueux, rouge orangé,
et les fleurs, d'un blanc très pur, sont des nids
crémeux. Nostalgie de l’Éden : de ces
boutons en étoile surgit, venimeux tant il est suave,
le parfum de l’exil originel... C’est seulement
au XIe siècle que le bigaradier a été
introduit en Occident par les Arabes ; le parfum de la fleur
d’oranger a été immédiatement
mis à la mode par la princesse italienne Orsini de
Neroli. De cet arbre jusque-là inconnu on commença
à tirer l’essence et l’eau de fleurs
: si l’essence s’appelle encore aujourd’hui
néroli, c’est en souvenir de cette dame qui
en était folle au point d’en asperger non seulement
son corps, mais aussi ses gants, sa lingerie et sa literie.
Puis naquit l’Eau de la Reine de Hongrie, plus persistante
sur la peau, à base de fleur d’oranger, d’esprit
de rose, d’extraits de menthe, de citron et de romarin.
On s’en enticha au point qu’au « banquet
du faisan » donné à Lille en 1454 par
le duc de Bourgogne Philippe le Bon, « l'eau d'orange
» jaillit non pas de flacons, ni même d'une
fontaine, mais d'une construction reproduisant le château
enchanté de Mélusine.
LE PARFUM DE L’EXIL ORIGINEL…
Les méthodes d’extraction et de distillation
introduites par les Arabes au IXe siècle étaient
d’une grande simplicité : l' « entraînement
» à la vapeur d'eau se faisait dans un alambic
– mot venu de l’arabe ‘mbic - avec ce
qui restait des fleurs une fois macérées dans
leurs propres sucs. Le but était d'entraîner
avec la vapeur d'eau les constituants volatils des produits
bruts. Les méthodes d’extraction du parfum
de la fleur d’oranger furent les mêmes que celles
des premières odeurs qui enchantèrent nos
ancêtres, la rose et le jasmin. À ces méthodes
traditionnelles se substituent de plus en plus des techniques
industrielles. Mais le sacrifice des fleurs reste le même
: il faut toujours 1 000 kg de fleurs d’oranger pour
obtenir 1 litre de néroli…
La magie, la beauté, la
douceur
Au Maghreb, el maa zhar, l’eau de boutons de fleurs
de bigaradier, est synonyme de fête, et on ne peut
imaginer une circoncision, des fiançailles ou un
mariage sans cette eau qui porte le nom de zhar : en arabe,
la chance. En France, notamment en Provence, la fleur d’oranger
est comme au Maroc largement utilisée dans la gastronomie
: sa délicate odeur sert surtout en pâtisserie,
pour les fougassettes de Noël, par exemple. Mais en
« nouvelle » cuisine, on ose d’autres
mariages flamboyants, comme l'humectage d’un foie
gras frais de quelques gouttes d’eau de fleurs et
d’une tombée de boutons dans la poêle
chaude avec trois baies de genièvre.Les pays du Maghreb
emploient la fleur et l’eau dans des recettes classiques,
comme celle des cornes de gazelle, ou dans la salade aux
dattes, oranges et carottes. Mais aussi bien au Maghreb
qu’en Europe, toutes les mamans savent qu’une
infusion de fleurs d'oranger bigaradier - deux cuillerées
dans un biberon - calme les bébés nerveux
et soigne les petits maux de ventre. Et toutes les femmes
du monde savent qu’une brumisation d’eau de
fleurs d’oranger adoucit la peau, que quelques gouttes
sur un oreiller protègent des mauvais rêves
et assurent une nuit douce comme leur parfum…
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CORNES
DE GAZELLE 1 kg de farine -
550 g de margarine - 1 œuf entier eau de fleurs d'oranger
- 1 kg d'amandes - sucre glace - eau tiède Mettez la
farine dans un récipient, cassez-y un œuf entier,
ajoutez 250 g de margarine, un verre d'eau de fleurs d'oranger
et un peu d'eau tiède.
Malaxez et travaillez la |
| pâte.
Laissez reposer au moins deux heures. Broyez les amandes, ajoutez
deux verres de sucre glace et un verre d'eau de fleurs d'oranger,
puis 300 g de margarine. Malaxez jusqu'à obtention d'une
pâte homogène, avec laquelle on fera des cigares
de la taille d'un index, qui serviront de farce. Étalez
la pâte au rouleau le plus finement possible, puis coupez-la
en triangles de façon à pouvoir la garnir avec
la farce. Façonnez la pâte en forme de demi-lune,
piquez-la avec une aiguille avant la cuisson, et faites cuire
10 mn à thermostat 5. Les cornes de gazelle doivent rester
blanches. Saupoudrez de sucre glace. |
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