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Editorial N° 18
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Texte : VICTOR BUS LOUP
Photos : J EAN- B E RNARD YAGUI YAN




















Le Four Seasons de Marrakech
Un village dans la ville

Il n’a ouvert que tout récemment ses portes, et pourtant sa présence s’impose comme s’il avait toujours existé. Entre Guéliz et les jardins bientôt millénaires de la Ménara, le Four
Seasons, noyé dans une oasis de seize hectares, semble s’être tout naturellement fondu dans le paysage de la Ville Ocre.

Avec son mur d’enceinte, ses ruelles, ses placettes, ses fontaines, ses riads aux toits plats et sa kasbah, il est à l’image d’un village ancien idéalisé, surgi du passé comme un miracle. Vastes perspectives, constructions basses qui laissent apparaître les frondaisons de la Ménara et les crêtes de l’Atlas, architecture aux lignes épurées que met en valeur la couleur beige rosé des murs, jeux d’eau et de lumière... Partout, dans le lobby, les salons, les bars et les restaurants, architectes et décorateurs ont misé sur une conception des espaces qui, grâce à des puits de lumière et d’immenses baies vitrées, joue sur le glissement permanent entre le dedans et le dehors, abolit les frontières entre les jardins et les intérieurs. Si les références aux arts décoratifs marocains sont partout lisibles – arcs cintrés, moucharabiehs, stucs ou zelliges – elles sont chuchotées, non proclamées, tempérées par la volonté d’éviter toute démonstration bavarde. Il en est de même du luxe, qui ici fuit le clinquant, ne s’impose pas mais baigne tout d’une atmosphère exquise. Chambres et suites vastes et claires, spa baigné de lumière implanté dans un jardin maure, refuges abrités par des velums aménagés au détour des sentiers forment un univers clos, intime et rassurant. Et que dire du personnel, invisible et omniprésent, d’une confondante gentillesse, qui dès les premières minutes vous appelle par votre nom ? À l’inverse de bien des palaces qui font tout pour décourager les familles, le Four Seasons a su prévoir l’accueil des enfants, qui disposant de leur propre piscine, d’un Kid’s club et d’une Maison des Jeunes, peuvent côtoyer les adultes sans jamais les gêner.

Une table à l’image des lieux : élégante et raffinée

La qualité de la table est un autre atout majeur du Four Seasons. Outre l’Azzera Grill, au bord de l’une des piscines, et de l’Inara Lounge, en terrasse devant la pièce d’eau d’inspiration andalouse qui structure la perspective des jardins, et en attendant l’ouverture prochaine du Bleu d’Orange, où officiera le chef Christophe Gillino, le Solano s’est déjà hissé parmi les meilleures adresses gourmandes de Marrakech. À vingt-quatre ans seulement, son tout jeune chef, Francesco Montano, peut se prévaloir d’une carrière impressionnante : élève du célèbre Iaccarino Alfonso (deux étoiles Michelin) qu’il a suivi en Chine, à Singapour, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France, puis second du restaurant italien de La Mamounia, il a conçu pour le Solano une carte inventive, qui mêle subtilement saveurs méditerranéennes et marocaines. On aimerait trouver une faille dans cette réussite totale qu’est le Four Seasons. À la réflexion, il en existe quand même une : le risque, une fois installé, de ne plus vouloir en partir…