Le Four Seasons de Marrakech
Un village dans la ville
Il n’a ouvert que tout récemment ses portes, et pourtant sa
présence s’impose comme s’il avait toujours existé. Entre
Guéliz et les jardins bientôt millénaires de la Ménara, le Four
Seasons, noyé dans une oasis de seize hectares, semble s’être
tout naturellement fondu dans le paysage de la Ville Ocre.
Avec son mur d’enceinte, ses ruelles, ses placettes, ses fontaines, ses
riads aux toits plats et sa kasbah, il est à l’image d’un village ancien
idéalisé, surgi du passé comme un miracle. Vastes perspectives,
constructions basses qui laissent apparaître les frondaisons de la
Ménara et les crêtes de l’Atlas, architecture aux lignes épurées que
met en valeur la couleur beige rosé des murs, jeux d’eau et de
lumière... Partout, dans le lobby, les salons, les bars et les
restaurants, architectes et décorateurs ont misé sur une conception des espaces
qui, grâce à des puits de lumière et d’immenses baies vitrées, joue sur le
glissement permanent entre le dedans et le dehors, abolit les frontières entre
les jardins et les intérieurs. Si les références aux arts décoratifs marocains sont
partout lisibles – arcs cintrés, moucharabiehs, stucs ou zelliges – elles sont
chuchotées, non proclamées, tempérées par la volonté d’éviter toute
démonstration bavarde. Il en est de même du luxe, qui ici fuit le clinquant, ne
s’impose pas mais baigne tout d’une atmosphère exquise. Chambres et suites
vastes et claires, spa baigné de lumière implanté dans un jardin maure, refuges
abrités par des velums aménagés au détour des sentiers forment un univers
clos, intime et rassurant. Et que dire du personnel, invisible et omniprésent,
d’une confondante gentillesse, qui dès les premières minutes vous appelle par
votre nom ? À l’inverse de bien des palaces qui font tout pour décourager les
familles, le Four Seasons a su prévoir l’accueil des enfants, qui disposant de leur
propre piscine, d’un Kid’s club et d’une Maison des Jeunes, peuvent côtoyer les
adultes sans jamais les gêner.
Une table à l’image des
lieux : élégante et raffinée
La qualité de la table est un autre atout majeur du Four
Seasons. Outre l’Azzera Grill, au bord de l’une des piscines,
et de l’Inara Lounge, en terrasse devant la pièce d’eau
d’inspiration andalouse qui structure la perspective des
jardins, et en attendant l’ouverture prochaine du Bleu
d’Orange, où officiera le chef Christophe Gillino, le Solano
s’est déjà hissé parmi les meilleures adresses gourmandes de
Marrakech. À vingt-quatre ans seulement, son tout jeune
chef, Francesco Montano, peut se prévaloir d’une carrière
impressionnante : élève du célèbre Iaccarino Alfonso (deux
étoiles Michelin) qu’il a suivi en Chine, à Singapour, aux
États-Unis, en Grande-Bretagne et en France, puis second
du restaurant italien de La Mamounia, il a conçu pour le
Solano une carte inventive, qui mêle subtilement saveurs
méditerranéennes et marocaines. On aimerait trouver une
faille dans cette réussite totale qu’est le Four Seasons. À la
réflexion, il en existe quand même une : le risque, une fois
installé, de ne plus vouloir en partir…