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Editorial N° 17
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Saveurs

Gilles Bourguignon
Un aventurier du goût

TEXTE Ivan Erhel
PHOTOS Yoann Hervet

Entré dans la carrière à l’âge de 13 ans, ce travailleur acharné, notamment formé à l’École Supérieure de Cuisine de Paris, connaîtra une ascension fulgurante à laquelle ses maîtres, Joël Robuchon, Gérard Pango, Marc Singer, pour ne citer qu’eux, ne sont pas tout à fait étrangers…

Commis, demi-chef puis chef de partie, Gilles Bourguignon décroche à l’aube de sa vingtsixième année sa première étoile au guide Michelin derrière les fourneaux de l’Absinthe à Paris. Tout va vite, trop vite même, la pression est forte, sa santé est en jeu… Un rythme effréné qui le pousse à faire une parenthèse pour prendre du recul. Après un bref passage chez des particuliers milliardaires, il découvre le monde de la nuit parisienne, ses restaurants branchés, et prend les commandes du Minibus qu’il finira par racheter. À 36 ans, il quitte Paris pour Antibes, chez Michel Angelo, l’un des restaurants les plus en vue de la Côte d’Azur ; une table courue du gotha mondial. De cette expérience il n’a qu’un regret : n’avoir jamais cuisiné pour son idole Al Pacino. Ce n’est que trois ans plus tard qu’il décide de tenter l’aventure marocaine. Les dirigeants du très « people » restaurant lounge bô & zin, dont il deviendra dans la foulée le chef, lui confient alors la réalisation d’un audit de leurs cuisines ainsi que de celles des quatre autres restaurants dont ils sont les propriétaires. Une adresse où il peut exprimer son talent et mettre à l’épreuve ses qualités de patience, de tolérance, de pédagogie, selon lui indispensables ici comme ailleurs. Il y découvre la richesse des produits locaux qu’il aime marier à des saveurs tout aussi exotiques. À la tête de sa brigade de quatorze personnes, Gilles Bourguignon prend un plaisir particulier à cuisiner les poissons méconnus, négligés en France en raison de l’importante main-d’oeuvre que leur travail mobilise. Son style ? On le reconnaît à son extrême pondération dans le dosage des épices, à son goût pour l’alliance du croquant et du moelleux, au soin infini qu’il apporte au dressage des assiettes. Et que ses inconditionnels se rassurent : l’homme pressé n’est pas près de nous fausser compagnie. Pour les lecteurs de Couleurs Maroc, il a élaboré un menu de fête…


Chair d’araignée de mer et son quinoa

Pour 4 personnes :
130 g de quinoa – 5 cl d’huile d’olive – 8 belles feuilles de basilic – 6 feuilles de coriandre – 12 brins de ciboulette – 2 tomates – 2 citrons – 130 g de petite roquette – 250 g de chair d’araignée – 1 avocat mûr – 2 pincées de piment d’Espelette.

PRÉPARATION
Laisser tremper une bonne heure le quinoa dans de l’eau minérale pour le faire gonfler. Cuire 1/4 d’heure dans de d’eau salée avec un filet d’huile d’olive, égoutter et faire refroidir.
Émonder les tomates, les épépiner et les laisser confire au four doux (110° C, thermostat 3) pendant 1 heure. Ciseler les herbes tendres et les tomates confites. Mélanger le tout dans un saladier en rajoutant 1 jus de citron.

DRESSAGE
Dresser dans un emporte-pièce, en étage, tranches d’avocat citronnées d’un jus de citron, quinoa assaisonné, chair d’araignée et roquette assaisonnée d’une petite vinaigrette de votre choix. Saupoudrer d’une pincée de piment d’Espelette.


Le fameux coulant bô & zin, cigare à la ganache

Pour 4 personnes :
Le coulant : 3 oeufs – 50 g de farine – 70 g de chocolat – 70 g de beurre – 40 g de sucre.
La ganache : 40 g de chocolat noir 70 % et 40 g de crème liquide.
Tuile à cigare : 10 g de beurre – 10 g de sucre – 10 g de farine – 10 g de cacao en poudre – 10 g de blanc d’oeuf.
Crème d’amande : 50 g de pâte d’amande – 25 g de crème et 25 cl de lait.
4 boules de glace à la pistache.

PRÉPARATION
Le coulant : faire fondre le chocolat avec le beurre. Mixer au batteur les oeufs, le sucre et la farine. Mélanger le tout, laisser refroidir. Beurrer les moules individuels, remplir à moitié et cuire 7 minutes à four chaud (180° C, thermostat 7 ou 8).
La ganache : faire chauffer la crème avec le chocolat en petits morceaux, fouetter jusqu'à refroidissement.
Les tuiles à cigare : battre le sucre, la farine, le cacao, le blanc d’oeuf avec du beurre ramolli, étaler sur une plaque à pâtisserie avec le dos d’une cuillère à soupe, cuire au four 3 à 4 minutes, enrouler les tuiles autour d’un cylindre pour leur faire prendre la forme d’un cigare.
La crème d’amande : faire chauffer dans une casserole le lait et la crème et y rajouter la pâte d’amande jusqu'à ce que le mélange soit homogène, laisser refroidir. Farcir le cigare de la ganache à l’aide d’une poche.

DRESSAGE
Dresser les coulants chauds à l’endroit, et à côté le cigare froid et la crème d’amande, froide également, verser dans une petite verrine. Servir le tout accompagné d’une boule de glace à la pistache.


Méchoui d’agneau à la sarriette et au thym, mousseline de potiron vanillée et patate douce

Pour 4 personnes :
Une belle épaule d’agneau désossée – 6 brins de sarriette – 6 brins de thym frais – 4 pistils de safran – 2 gousses d’ail – 800 g de potiron – 600 g de patate douce – 1/2 gousse de vanille – 1 oignon – 10 cl de lait – 100 g de pluches de carottes – sel et poivre.

PRÉPARATION
Saler et poivrer l’épaule ouverte, ajoutez le safran, la sarriette et le thym, piquer à l’ail. Ficeler en rôti bien serré. Dans une cocotte, mouiller aux 3/4 à l’eau claire, enfourner à four très chaud (240° C, thermostat 9). Laisser cuire 2 heures à couvert en tournant le rôti régulièrement, puis découvrir 1 heure pour qu’il dore.
Faire bouillir 20 minutes les morceaux de potiron dans de l’eau salée. Bien égoutter et mixer. Parfumer légèrement la mousseline avec les grains de vanille, assaisonner.
Cuire la patate douce épluchée 30 minutes à feu doux, mouliner avec le lait et assaisonner. Laver et faire frire les pluches de carottes pour la présentation.

DRESSAGE
Superposer la purée sur la mousseline de potiron, plus liquide, tirer un trait avec le dos d’une cuillère, puis verser le fond de sauce du méchoui.